Depuis 2017, le paysage de la formation professionnelle pour les demandeurs d’emploi a connu une transformation sans précédent. Portée par le Plan d’Investissement dans les Compétences (PIC) et la montée en puissance du CPF, l’ambition nationale a clairement pivoté vers une montée en qualification des profils les plus éloignés de l’emploi. Quel est le bilan de cette évolution ? Décryptage des chiffres et des tendances.
Le tournant de 2017 : Une volonté de transformation structurelle

En 2017, 703 500 entrées en formation étaient enregistrées pour les demandeurs d’emploi. À cette époque, l’accès à la formation était souvent perçu comme un outil de gestion conjoncturelle du chômage.
Le lancement du Plan d’Investissement dans les Compétences (PIC) en 2018, doté de 15 milliards d’euros, a changé la donne. L’objectif est de passer d’une logique de « stage » à une logique de « parcours qualifiant », en ciblant un million de jeunes et un million de demandeurs d’emploi peu qualifiés.
Une hausse marquée de l’accès à la formation
Les statistiques de la DARES montrent une progression nette :
- Un taux d’accès en hausse : Alors qu’en 2017, seul 8,5 % des nouveaux inscrits accédaient à une formation dans les 12 mois, ce chiffre a progressé pour atteindre une moyenne dépassant les 10 % ces dernières années (hors CPF autonome).
- Des volumes historiques : Malgré la crise sanitaire, le nombre d’entrées en formation a bondi de 48 % en 2021, avant de se stabiliser autour de 1 million d’entrées annuelles en 2023.
Priorité aux publics les plus fragiles
L’un des succès majeurs de cette période est le meilleur ciblage des bénéficiaires. L’évolution depuis 2017 se caractérise par :
- Les jeunes (18-24 ans) : Le taux de jeunes « NEET » (ni en emploi, ni en formation) a significativement baissé, passant de 11,3 % en 2010 à 7,6 % en 2022.
- Les personnes peu qualifiées : L’accès à la formation pour les non-diplômés a progressé de près de 3 points, brisant une tendance à la baisse qui durait depuis une décennie.
- Les demandeurs d’emploi de longue durée : Ils sont désormais mieux accompagnés vers des dispositifs de « remise à niveau » ou des formations préparatoires.
Quel impact sur le retour à l’emploi ?
Les données récentes confirment que la formation est un levier d’insertion puissant :
- Le taux d’accès à l’emploi dans les 6 mois suivant une formation s’établit autour de 52 %.
- L’effet « qualification » : Pour les demandeurs d’emploi de longue durée, suivre une formation augmente de 13,6 points leurs chances de retrouver un travail durable par rapport à ceux qui n’en suivent pas.
- Les seniors : Le gain de probabilité de retour à l’emploi est encore plus spectaculaire pour les plus de 50 ans (+17 points).
L’émergence du CPF et la transition vers France Travail
L’évolution depuis 2017 ne peut être analysée sans mentionner la monétisation du Compte Personnel de Formation (CPF). En permettant aux demandeurs d’emploi d’acheter directement leur formation, le dispositif a favorisé l’autonomie, même si France Travail (ex-Pôle Emploi) reste le principal prescripteur pour les formations lourdes et certifiantes.
Avec la création de France Travail, l’objectif est désormais de renforcer la personnalisation des parcours et de mieux coller aux besoins des « métiers en tension » (santé, transition écologique, numérique).
Le bilan depuis 2017 est celui d’une massification de l’effort de formation. Si des défis subsistent, notamment sur le taux d’abandon en cours de formation et l’adéquation parfaite avec les besoins locaux des entreprises, la dynamique est positive. La formation n’est plus une simple parenthèse dans le chômage, mais un véritable investissement dans le capital humain.


